Rosso Mauritanie Gref 38

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lundi, 18 février 2013

Adieu Michel

Adieu Michel

Michel nous a quittés le 26 Janvier. Il n'avait informé personne au GREF du cancer qui l'a emporté en moins de 6 mois. Nous étions alors à Rosso, où nous avons souvent évoqué, avec Cheikh et nos partenaires, sa mission en 2010. Durant six semaines, il a beaucoup travaillé, dans les conditions difficiles de la Mauritanie, les fortes chaleurs d'Octobre et cette pluie tardive qui a transformé la ville en bourbier. Avec un grand professionalisme, il a formé à l'informatique deux groupes d'élèves aux niveaux très hétérogènes, en utilisant au mieux le matériel disparate et vieillissant du centre de ressources. centre-salledesordi-Michel-Gerard-Ousmane.jpg

Peut-être n'a-t-il jamais entendu les remerciements d'Ousmane, d'Amadou, de Habib ou de Raki, qui m'ont souvent, et encore récemment, parlé de lui avec reconnaissance...

Il nous laisse, à Martine sa coéquipière de mission, et à moi, son Responsable d'Action, le souvenir d'un travailleur exigeant et très impliqué.

dimanche, 17 février 2013

Un mariage Mauritanien

Un mariage Mauritanien

Ce vendredi, Cheikh nous invite au mariage de sa fille aînée. Nous passons nos plus beaux atours. Marie-Noëlle inaugure une magnifique robe que vient de réaliser le couturier sénégalais de Fatou. Dans la maison de la mariée, chez Leissa, deuxième épouse de Cheikh, règne une grande agitation. Nous sommes aussitôt séparés. Les femmes, assises dans la cour, foule très colorée, joyeuse et animée. Je rejoins un salon réservé aux hommes. On y trouve des parents des mariés, mais aussi de nombreux amis. On attend le père du marié pour commencer. Le voilà. Deux représentants des 2 familles et les deux pères des mariés, entourent l'Imam de Djourbel. Une liasse d'ouguiyas apparaît, déposée par le père du marié. Ce n'est donc pas la dot de la mariée, mais une somme, convenue entre les deux familles. Habib, un parent de Cheikh et le témoin du marié en sont les garants et exerceront un tutorat vigilant du jeune couple. Cheikh déchire une page de son cahier à spirale et la tend à un assistant de l'Imam, qui rédige, en direct, le certificat officiel du mariage, en arabe de droite à gauche avec la date de gauche à droite. L'Imam récite des versets du Coran, à peine troublé par les sonneries des téléphones portables et les dialogues très construits qui vont avec : - Allo, Waow, Machalla, Machalla... Les hommes ont une attitude de prière, je crois entendre Amen, puis on échange, entre voisins, des signes d'amitié. Alors explosent les rires et les commentaires. Des jeunes gens distribuent des boissons (canettes de coca ou de sprite) et de petits sachets de beignets. D'autres distribuent des poignées de petits biscuits secs et des bonbons. En sortant, nous croisons la mariée, très belle et très fardée, que nous photographions abondamment.

C'était un beau mariage.

Il ne manquait que le marié, retenu par son travail à Nouakchott, et qui dans bien des cas, n'assiste pas à son mariage.

vendredi, 8 février 2013

Littérature(2)

Poème en wolof

Suufes beeñ du bammeel Armeelu Marmu yaa daf di cosáan Dundub ruu ci biir suuf askan wu yagg la namp.

TRADUCTION :

Les dunes marines ne sont pas des tombes. Nos cimetières sont lacustres. L'ombre ici a mille ans et les sources où viennent boire nos morts, creusent des lits séculaires.

Poème en pulaar : « Naange « de Djibril Hamet Ly (né en 1946)



So nge fudii Nge mutii Hakkunde pudal E mutal Gila pudal Ha mutal Goodal Gollal Traduction : « Soleil »

Aube Crépuscule Entre le lever Et le coucher Du lever Au coucher Réalité Réalisation.

mercredi, 6 février 2013

Formation info

Formation informatique par Marie-Noëlle

Nous avons 16 élèves, 7 le matin et 9 l'après-midi. Leur assiduité est fonction des pélerinages, maladies, baptêmes, mariages ou funérailles, mais en général ils sont là.

Certains sont autonomes, beaucoup attendent un coup de pouce pour démarrer : trouver le bon logiciel (traitement de texte ou tableur), trouver leur répertoire, penser à nommer et à sauvegarder leur travail. « Tu as tout perdu ? Il faut recommencer... » P1010462.JPG

Avec les trois postes apportés de Nouakchott, nous arrivons à fonctionner en mettant en services nos propres ordinateurs. Un de nos élèves a d'ailleurs mis une option sur le mien prétextant que puisqu-il s'en sert, il est à lui. J'ai dit non !

Après divers exercices de traitement de texte, tableur, diaporama, l'insertion de leurs photos -que nous avons faites et installées sur tous les postes- dans divers documents les a beaucoup intéressés. Mais alors que nous avions prévu l'impression, à l'aide d'une clé USB et d'un ordinateur connecté à notre petite imprimante, la cartouche couleur a rendu l'âme. Aucune chance d'en trouver une autre ici. La tentative de remplissage de la cartouche noire ayant été un échec, il ne nous reste plus que la vieille imprimante du centre. Pourvu que la cartouche que nous avons achetée à Nouakchott dure jusqu'au bout !

Voilà, on fait avec les moyens du bord, et ce n'est pas toujours compris par notre public qui surestime notre pouvoir. La connexion internet promise pour notre arrivée n'est toujours pas établie et nous devons expliquer que ce n'est pas notre responsabilité.

….Demain... (comme le plombier qui n'est jamais revenu!)

lundi, 4 février 2013

littérature (1)

Harouna ly dit Rachid « Le visa ! » (extrait)

  Recruté dans la gendarmerie en 1983 (formé à Rosso), il est arrêté en 1989 lors des « événements », puis révoqué.  Il devient alors journaliste indépendant. Actuellement rédacteur en chef de l’hebdomadaire « La Nouvelle Expression », il est l’auteur de 5 livres. La nouvelle « Le visa » retrace l’odyssée semi-tragique d’un jeune employé mauritanien qui, pour se faire valoir auprès de sa fiancée, décide d’émigrer en France.
 
"Visa, visa Schengen ! Sésame aux mille vertus, clé de toutes les réussites ! Du courage, fuyons nos pays, partons affronter ceux du froid éternel, nations à la solide monnaie, à la bonne chère (champagne !) et à la bourse rebondie, pour que demain, au crépuscule des campagnes enflammées, la poussière soulevée par des troupeaux achetés à la sueur de nos fronts de réfugiés-plongeurs, de laveurs-clandestins, de vigiles, de récolteurs de tomates, obscurcissent le ciel sous lequel le zinc et la terrasse  repoussent dans leur dernier retranchement le chaume des cases et les huttes de paille.

Otez donc de mon regard cette misère étalée, ces baraquements qui s’entassent tels des carcasses de dinosaures à la gueule assombrie, cette marmaille au nez couvert de morve et de mouches qui prolifèrent, ces bagnoles brinquebalantes, asthmatiques, vomissant de la fumée, par devant et par derrière, conduisant, chaque soir, de désespoir, vers leur demeure de la périphérie, les travailleurs harassés, couverts d’huile et de suie, ployant sous le lourd faix des lendemains qui chantent mal.

Je le sais (comment d’ailleurs l’oublier ?), je suis un enfant de Kaaylinga. Bidonville, mouroir de la seconde humanité. Fuir ! S’éloigner de cette vie d’éternel démuni où le morpion et le cafard vous disputent la liberté de prendre vos aises, où le citoyen n’est citoyen que le temps des campagnes électorales… Oui, il faut fuir !"

« Quand la sève devient lait», aux éditions I Signatori, en Italie.

vendredi, 1 février 2013

Viens donc faire un tour à Garack

Vous avez dit « Gracques », ces frères auteurs d’une réforme agraire au temps des Romains ? Non, j’ai dit « Garack », une communauté agricole féminine de Mauritanie située à 10 kms de Rosso. Nous sommes allés leur rendre visite, Paul, Marie-Noëlle et moi, accompagnés de Fatou, pour leur parler de la formation en alphabétisation proposée en ville. Ces femmes travaillent toute la journée et il leur est difficile de se déplacer pour y assister. Pourtant, nos informateurs nous expliquent que de nombreuses femmes aimeraient apprendre à lire et à écrire.

Sidi nous emmène avec sa « Chinoise », un véhicule tout terrain. Sur le trajet, il embarque une vieille femme, autostoppeuse d’occasion, et Amadou, qui faisait du jogging sans conviction.  Après le «goudron », nous trouvons une route de terre qui mène au centre du village. Quelques  éoliennes à l’ancienne parsèment un paysage plat et sec, où apparaissent peu à peu des plantations d’oignons et un champ de blé vert.

Ce village sans électricité possède un jardin d’enfants, une école, un centre de santé, une mosquée ; il respire le calme et la sérénité, au contact d’une nature rendue plus verdoyante par sa proximité avec le fleuve Sénégal

Nous voici arrivés dans la propriété de la Présidente : à l’écart, assis sur une natte, à l’ombre d’un palmier, son mari nous salue de loin. Nous sommes attendus dans la salle de réunion : une trentaine de femmes aux boubous colorés sont assises sur des matelas posés le long des murs : Paul et moi avons droit à une chaise, Marie-Noëlle s’assied par terre à côté de Fatou. Le thé à la menthe nous est offert par les jeunes filles de la maison, des petits gâteaux circulent.

femmes de la coopérative

Après une introduction en wolof par Fatou, je me lance, un peu intimidée quand même ! Mais le contact passe vite : les femmes qui parlent français se font connaître et manifestent de la bonne volonté pour jouer les intermédiaires ; la présidente se précipite pour installer un tableau noir (couvert de savantes formules mathématiques : tiens, il n’y a pas que des personnes en demande d’alphabétisation…). Je présente la méthode rapidement et je mets en action un exercice de phonétique suivi d’une discrimination visuelle : les doigts se lèvent, les rires fusent, celle qui passe au tableau commet une petite erreur, c’est le moment de faire prendre conscience de l’intérêt de la formation…On passe ensuite à la mise en scène d’un court dialogue ; là encore, des volontaires se prennent au jeu et font sourire l’assistance.

Garack-lectrice.jpg

Suit une discussion sur les possibilités de mettre en place une formation, la dernière en date, en 2000, ayant été interrompue pour cause de vieillesse des formatrices ( ?) : une jeune femme se présente comme volontaire et accepte de prendre sur son temps pour venir assister aux cours à Rosso afin de s’initier à la méthode. Paul intervient pour proposer des outils de gestion qu’il préparerait avec le concours de ses stagiaires en informatique : la présidente est très intéressée.
Nous voilà avec de nouveaux objectifs…. et de nouvelles connaissances.

La présidente nous fait visiter les terres de la coopérative, gérée uniquement par des femmes (elles sont 414 pour un village d’environ 2000 habitants): elle nous fait visiter le verger de 28 ha, avec des manguiers magnifiques, mais aussi des citronniers, des pamplemoussiers.

Garack-manguier.jpg

Elle évoque les activités de maraîchage : tomates, oignons, aubergines…

Garack-groupe.jpg

Et pour arroser tout ça? Voilà  la splendide motopompe offerte par la F.A.O (Food and Agriculture Organization, une branche de l’O.N.U).

Garack-motopompe.jpg

Question : et les maris ? Ils ont leur propre coopérative, de l’autre côté du village. Chacun ses comptes !

Nous repartons, songeurs et séduits…Le soleil se couche en douceur, baignant d’une lumière dorée le troupeau des bœufs à grandes cornes installé devant la ferme.

Garack-troupeau-duo.jpg Garack-coucherdesoleil.jpg

mercredi, 30 janvier 2013

Sponsors ou Mécènes

Sponsors ou mécènes

Faut-il remercier nos sponsors ? Cela évoque les compétitions sportives, les footballeurs professionnels, -ces gens surpayés qui se révoltent parce qu'ils payent trop d'impôts-, les aventures et les défis extrêmes. Même si notre mission à Rosso tient parfois du bivouac permanent, avec tous les jours la vaisselle à la lampe frontale. (j'ai peut-être oublié de vos dire que notre plombier électricien qui viendra demain-inch-allah n'est toujours pas revenu)

Et puis cela évoque le Vendée Globe et la Route du Rhum. Vraiment pas notre créneau ! D'autant plus que du rhum, hélas, hélas, hélas, nous n'en avons pas une goutte en Mauritanie.

Remercier nos bailleurs me donne immédiatement sommeil.

Devons-nous remercier nos mécènes ?

La relation mécène-artiste ne semble pas non plus convenir. Certes, nous sommes des artistes, mais l'art des enseignants n'est pas toujours apprécié à sa juste valeur, et ils reçoivent plus souvent des tomates que des bouquets. (c'est une métaphore bien sûr!)

Et puis la relation mécène-assisté me semble très inégalitaire entre un mécène très riche et un assisté très pauvre. Et souvent les mécènes ont eux mêmes contribué à créer l'inégalité.

Alors je vais remercier nos partenaires, nos amis, qui depuis 2009, ont rendu possibles nos missions à Rosso. Merci donc à Didier MIGAUD, Député de l'Isère, sans qui le projet Rosso Mauritanie serait mort-né. Merci à André COLOMB-BOUVARD, Conseiller Général de l'Isle d'Abeau, merci au CG38, qui a financé nos missions 2010, 2012 et 2013. Merci au SCAC de l’Ambassade de France à Nouakchott pour son aide à la mission actuelle. Merci aux Lions de retour en Mauritanie (je veux parler du Lion's Club de Pont de Beauvoisin La Tour du Pin) qui ont participé à nos achats de matériel. Merci aux amis très chers qui ont comblé, par des dons privés, le déficit 2012... Merci enfin à Joëlle HUILLIER, nouvelle Députée d'une nouvelle circonscription de l'Isère, qui m'a promis son aide.

Alors j'attends et j'espère le meilleur moment de la promesse : son éclosion !

lundi, 21 janvier 2013

Inventaire

Inventaire

Une poule, 1 chèvre, 3 chevreaux, Quatre ânes, une charrette de porteur d'eau, les bras en l'air, Un porteur d'eau sans charrette, les bras ballants, P1010470.JPG Une échoppe de ferblantier, des marmites en alu et de grandes passoires, Un enfant qui scie les pieds d'une marmite, Un enfant qui lime les bords d'une marmite, Et pas d 'école,

Un fer-rouillé-tier, un barbarisme, Des foyers en métal rouillé pour mijoter le tie-bou-dien

Une escouade de talibés, ces petits enfants qui passent leur journée à mendier leur repas, 3 petites filles charmantes qui viennent nous serrer la main Quelques « bonjour monsieur » et aussi quelques « toubab » lancés par des tout petits Pas d'autres toubabs, que nous,

Une dizaine de congélateurs rouillés et cadenassés, Qui ne congèlent plus car ils ne sont plus au courant depuis longtemps, Mais qui contiennent quand même des denrées périssables, qui d'ailleurs périssent en exhalant de fortes odeurs de poâsson P1010471.JPG Un goudron perpendiculaire -ce qui ne veut rien dire- et ses voitures klaxonnantes et menaçantes

Une rue de sable, Sous la plage, pas de pavés,

Une marchande de rue qui nous vend des clémentines, encore quelques chèvres, chevre-petits-niche_reduit.jpg Un cheval, un coq et une chèvre, ane-cheval-coq-_reduit.jpg Une photo de Martine...

Mais pas de raton laveur...

Nous venons de traverser le marché, entre notre maison et le centre de ressources où nous travaillons

Clic

CLIC GAUCHE, CLIC DROIT, DOUBLE CLIC.

Par Marie-Noëlle

Avec Moussou, nous avons déjà pas mal galéré sur le clavier avec les touches majuscule, apostrophe, les accentuées, les diverses flèches, et c'est à recommencer à chaque séance. Chaque fois je me dis que c'est trop dur, qu'elle ne reviendra pas. Et elle revient ! P1030007.JPG On passe à la manipulation de la souris. Moussou arrive à la déplacer mais au moment de cliquer, son poignet dérape et le clic se fait n'importe où, jamais au bon endroit. On recommence. Je m'aperçois que les mots « index, gauche, droite » ne font pas partie de son vocabulaire. Je lui montre son index, sa gauche, sa droite : rien n'y fait. On recommence. C'est comme le tonneau des Danaïdes. A la fin de la dixième séance, les deux garçons qui sont à côté d'elle et qui ont fini le travail demandé se placent l'un à doite, l'autre à gauche, l'un lui tient la main droite l'autre la gauche et c'est parti ! En cinq minutes le travail de Moussou est terminé. Elle est contente.

« A dimanche Marie ! »

L'adaptateur adapté

L’adaptateur adapté ou les péripéties du cours de français

 Mesdames et Messieurs, voici une intéressante méthode bilingue d’alphabétisation, créée et expérimentée au Niger par des spécialistes du Gref ! Il s’agit de l’adapter au contexte du pays, avec l’accord et la coopération des associations qui nous accueillent.

L’idée était de consacrer la 1ère semaine à la présentation et à l’adaptation de la méthode au contexte mauritanien, avec la participation des formateurs. Une préparation en amont avait déjà été réalisée : recueil de textes bilingues: chansons, écrits officiels, petits récits…Les 5 semaines suivantes devaient voir la mise en pratique de la méthode, avec des apprenants recrutés dans les coopératives membres de l’association.

   Passons à la situation réelle, après 2 semaines de formation: les formateurs sont venus, mais en décalé : une formatrice, Rabiah, s’est foulé la cheville et n’est venue qu’en 2ème semaine ; une inconnue a été excusée par sa mère et ne viendra jamais ; Raïanna s’est annoncée comme formatrice en 2ème semaine également….Léon, Mariem et Leissa ont suivi depuis le début la présentation et travaillé avec entrain sur les traductions. Le problème, c’est que les langues de leur pays sont essentiellement orales et qu’ils n’ont pas l’habitude de la transcription écrite. De plus, certains parlent le wolof, d’autres le pulaar, d’autres le hassanien, d’autres mélangent... Il y a ceux qui lisent et qui écrivent les 2 premières langues, ceux qui ne les lisent pas mais les comprennent. Dernière information : pas besoin de transcrire en hassanien, ça ressemble à l’arabe et de toutes façons, à Rosso, tout le monde parle plus ou moins le wolof et/ou le pulaar...

le groupe de formation

Du côté des apprenants, si la situation est opérationnelle le matin, – un formateur pour 3 élèves assidus- elle l’est beaucoup moins l’après-midi. Nous n’avons pour l’instant que 2 jeunes filles candidates, ravissantes certes, mais qui ne suffisent pas à occuper le temps des 5 formatrices. Sans compter la présence imprévue de 2 nouvelles apprenantes, indépendantes, alphabétisées mais désireuses de perfectionnement. C’est à l’animatrice du Gref de se démultiplier, de répartir les tâches entre les formateurs, d’aider les aidant retardataires, de dynamiser les apprenantes un peu trop lymphatiques mais heureusement présentes, de gérer les indépendantes.

dialogue du matin

Finalement, au bout de cette 2ème semaine, un rythme est trouvé, une perspective se dessine : Mariem va battre la campagne pour trouver de nouveaux candidats à l’alphabétisation. Et moi, je m’adapte mieux au contexte…

dialogue de l'après-midi

J’entends dire qu’au Gref il faut des spécialistes et des professionnels qui fassent preuve de qualité d’adaptation. Je comprends mieux aujourd’hui à quel point les différences de culture et de contexte nous obligent à nous adapter, tout en nous enrichissant mutuellement !

« Patience et longueur de temps

  Font plus que force ni que rage » disait La Fontaine.

A quoi peut répondre le proverbe pulaar : « Qui veut le charbon supporte la fumée ». .

mardi, 15 janvier 2013

Le plombier Mauritanien

- Qui c'est ? - C'est le plombier » A lire avec l'accent auvergnat de Fernand Reynaud* (* pour les jeunes de moins de 50 ans, Fernand Reynaud est un artiste comique des années 60**) (** les années 60, çà se passait il y a très longtemps, au vingtième siècle)

Le plombier français dit qu'il revient demain et il ne revient pas. Le plombier mauritanien par contre revient demain Inch Allah. Allah n'a pas voulu, il n'est pas revenu. Ce qui finalement revient absolument au même !

Dans notre maison, maison complètement rénovée, nous disposons de 2 salles de bains. Ce qui multiplie par 2 les problèmes. Une chasse d'eau fuit, le robinet d'une douche nous est resté dans les mains à la première utilisation, et un robinet de lavabo laisse s'écouler un filet d'eau qui incite à utiliser le WC voisin.

Quelqu'un aurait-il l'adresse d'un plombier polonais ?

J'espère que nous aurons plus de chance avec l'électricien ! Encore que... j'en doute ! En effet le plombier, l'électricien et le maçon ne constituent qu'une seule et même personne.

En tout cas, une chose est sure : quand nous repartirons de Rosso, toutes les réparations seront faites Inch Allah

samedi, 12 janvier 2013

Cheikh est inspecté

Depuis hier, Cheikh semble préoccupé par la visite de son évaluateur – tension bien connue des enseignants à la veille d'une inspection - Il reçoit Hamidou, fonctionnaire du Ministère de la Santé de Mauritanie, qui vient évaluer le travail effectué localement contre la MGF (Mutilation Génitale Féminine)

Hamidou_et_Cheikh.jpg

L'excision reste un problème majeur de la société mauritanienne, puisqu'on estime à près de 70% la proportion des femmes mutilées. Cette opération barbare, dans sa version la plus anodine, consiste à enlever chirurgicalement le clitoris, sans précaution ni asepsie préalable. Certaines exciseuses enlèvent, en plus, les grandes lèvres. Ces opérations sont clandestines. Et pourtant, cette mutilation, continue à être pratiquée à grande échelle. Souvent, la demande est faite par les femmes, pour leurs fillettes. Il arrive que les hommes ne soient même pas informés. Les exciseuses, hors la loi en Mauritanie, viennent souvent du Sénégal voisin.

Les associations de lutte contre l'excision tentent de développer l'information en intervenant dans les écoles, les coopératives, les assemblées de femmes.

Souhaitons que leur combat soit efficace pour que cesse enfin cette pratique d'un autre temps.

Les bruits de la nuit à Rosso

Dans deux précédents articles de ce blog, en 2012, Françoise et Brigitte vous ont fait partager les senteurs et les saveurs de la Mauritanie. Au GREF, aucun sens n'étant interdit, le petit cours d'ORL (nez gorge oreille) peut continuer.

Cela commence vers 17H par un appel à la prière. Plusieurs mosquées se répondent et lancent de mélodieux Allah Akbar. Chaque muezzin donne sa propre interprétation, troublée parfois par la saturation du haut-parleur qui mêle une prière électronique à la prière des hommes.

A la nuit tombée, commence la veillée des Musulmans Mourides, qui sont, cette fois dans un quartier proche de notre maison. Jusqu'à minuit passé, ils chantent, avec beaucoup d'allégresse des chansons écrites par le grand marabout de Touba. (nos fidèles lecteurs savent qu'au Sénégal, la ville de Touba vit, début Janvier, un énorme événement qui jette sur les routes la moitié du Sénégal (j'exagère à peine) Comme ils viennent de finir leur pèlerinage, les fidèles se retrouvent et poursuivent ensemble l'aventure. Les chants sont très joyeux et repris en chœur massivement.

Puis le silence s'installe. Au loin, un âne blatère – oui, je sais, un âne ça ne blatère pas ; mais je voulais faire couleur locale et je n'ai pas de chameau sous la main- On entend maintenant les abraiement des chiens-ânes qui se répondent de rue en rue.

Un peu de calme...

Il est 5h du matin.

Il est temps de lancer l'appel à la prière du matin. Les coqs entrent en concurrence avec les muezzins. Mais le combat est inégal, car , ici, les coqs ne sont pas sonorisés.

Au loin, on entend un âne barrir – c'est encore plus difficile de trouver un éléphant - Les mosquées déroulent maintenant des litanies de versets coraniques... C'est très mélodieux, mais, peut-être un peu répétitifs....On retient bien la musique ; il est plus difficile de retenir les paroles. C'est le matin ; il va falloir se lever.

Voilà, on est bientôt allés dans tous les sens. Pour la vue, Martine nous promet de belles photos, qui vous feront toucher du doigt cette Mauritanie, pauvre, souvent pathétique, parfois jusqu'à l'insoutenable, mais riche de la diversité de ses cultures et de son incroyable sens de l'accueil.

Nous sommes à Rosso Mauritanie ; tout va bien. Machallah !

vendredi, 11 janvier 2013

Retour à Rosso

Retour à Rosso par Martine

Nouvelle saison, nouvelle maison, nouveau local, nouveaux formateurs: tout passe, tout change, et pourtant…
C’est toujours la coquette Aminata qui nous prépare des petits plats épicés ; c’est toujours le beau Soleymane qui garde notre maison : le voilà papa d’une petite fille, Penda.

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Dans la rue, comme d’habitude, des multitudes d’enfants nous interpellent : « toubab, toubab ! » Certains viennent en courant nous serrer la main.

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S’il n’y a plus les insectes bruyants et envahissants de l’hivernage, il y a encore des moustiques, timides, semble-t-il, et surtout des mouches omniprésentes qui nous disputent la nourriture. Heureusement, les cafards ont décidé de déserter le vieux frigo récupéré depuis 2010 !
J’ai retrouvé avec plaisir les discussions à bâtons rompus autour d’un verre (sans alcool !) en compagnie de Cheikh et du Commandant. J’ai retrouvé aussi mes  copines : Sokhna, qui m’avait enseigné la préparation du thiéboudienne, et Leissa, qui nous avait invités, Gérard, Michel et moi, à une cérémonie de baptême.
Là où ça change le plus, c’est au centre ; j’ai perdu mes anciens élèves, pour cause de mariage et de déménagement du côté des jeunes filles, pour cause de changement d’orientation chez les garçons : Cheikh le jeune est devenu maçon et Mohammed…je ne sais pas.
En revanche, j’ai trouvé de nouveaux formateurs : Mariam, Leissa et Léon l’Africain, alias Mamadou, pleins d’enthousiasme. Ils m’aident à mettre en place la méthode d’alphabétisation inspirée de l’expérience du Gref au Niger: ça leur plaît d’intégrer au programme leurs langues nationales (wolof et pulaar pour l’instant) ; et moi, j’apprécie ce croisement des cultures et j’ai autant de plaisir à apprendre quelques mots : jërëjëf les amis !

mariem-leon-leissa1.jpg

Finalement, plus que les habitants de Rosso, c’est peut-être moi qui ai changé, parce que je ne les vois plus de la même façon…

samedi, 5 janvier 2013

Arrivée en mauritanie

Jeudi 3 janvier

Après la première nuit à Nouakchott, la journée est consacrée à divers contacts et à l'achat de trois postes de travail (d'occasion) : unités centrales, écrans, claviers. 3 postes pour le prix d'un neuf ! Ablaye, notre ami proviseur et mauritanien de surcroît, nous est d'un grand secours : sans lui nous n'aurions pas pu faire ce qui a été fait dans la journée. Le soir tout est prêt pour le départ du lendemain.

Vendredi 4 janvier

Nous arrivons à Rosso après 3 heures de route et quelques dromadaires. Nous n'avons pas dérangé le chauffeur lorsqu'il faisait ses prières en conduisant. Nous avons voyagé dans une Nevada break, voiture de l"année entre Nouakchott et Rosso. Le responsable de OMST SIDA nous accueille et nous conduit au logement qu'il a loué pour nous. Tout est prêt, sauf l'électricité.. Dans l 'après midi, nous allons voir le nouveau centre de ressources. Le local est spacieux, avec une salle pour le français, une salle informatique (deux postes sont déjà installés).

Samedi 5 janvier

Nous transportons notre matériel au centre. Martine et moi, avec l'aide de Cheikh, nous faisons divers achats : Un balai, une "serpier", du "papier genille", une "corbey"..., tandis que Paul branche - les multiprises mauritaniennes n'ont pas le label NF - et teste les machines : 5 sont opérationnelles, une sixième est prévue. Dans l'après midi, réunion des divers responsables pour préparer le travail de demain dimanche premier jour de la semaine.

jeudi, 27 décembre 2012

Prêts pour le départ

Par Marie-Noëlle

Entre Noël et jour de l'an, entre les repas de fête en famille, nous nous préparons à partir. Tout ce qu'on voudrait ne pas oublier est en évidence sur table, bureau, commode, pas encore dans les valises. Départ de Lyon Saint-Exupéry le 2 janvier, retour au même aéroport le 14 février.

Cheikh et Fatou

samedi, 25 février 2012

Excision

Rencontre de femmes …..et d'hommes (Par Brigitte)

Vendredi, notre dernier jour de mission, nous avons eu la chance de rencontrer, grâce à Cheikh, une association de femmes qui lutte contre le Sida mais surtout contre l'EXCISION .

Un vrai moment

Une belle rencontre

Des échanges riches_

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Nous étions reçus dans un quartier populaire de Rosso, et dès notre entrée dans la cour intérieure, nous avons bien compris que nous étions attendus... Grandes nattes au sol, canapés et coussins sortis et des femmes mais aussi des hommes, ne parlant pas le français ou peu. Cheikh était l'interprète. Après les présentations, rapidement nous sommes entrés dans le sujet: malgré l'interdit, l'excision existe encore, elle se pratique à Rosso, elle demeure une source de revenus pour les femmes qui opèrent ; elle n'est pourtant pas liée à l'islam... nous dit-on.

Le danger médical est d'abord mis en avant : risques d'infections, d'hémorragies, de stérilité, de maladies...mais après quelques échanges, la gravité de l'acte s'affirme : c'est une mutilation sexuelle qui interdit à la femme le plaisir, qui la prive d'un « certain plaisir » qui lui fait croire que « son homme » ne sait pas faire, qui l'incite à aller ailleurs, ou qui éloigne les hommes … trouvant leur femme «  différente » !!!!

La lutte est grande et d'importance : quelques chiffres tombent 70% des femmes ont subi l'excision en Mauritanie A Rosso, c'est difficile à dire, pourtant les dispensaires ou médecins doivent signaler aux instances institutionnelles, les cas de femmes ou fillettes excisées. L'excision peut se pratiquer dès les premiers mois jusqu'à 10 ans.

En principe, cet acte interdit, passible de prison et d'une amende, devrait disparaître ; mais l'association constate que cette pratique perdure, au nom de la tradition. Pas de relais par les médias. Alors, cette association fait du porte à porte - c'est ce qui fonctionne le mieux - , organise des réunions d'informations, parle à la radio locale...

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Nous sommes étonnés de voir tant d'hommes à cete réunion ; d'ailleurs un jeune prend la parole en français pour dénoncer cet acte horrible et compte bien sur les actions de l'association pour endiguer ce phénomène. L' espoir, la volonté , la ténacité sont de mises dans cette association. Formidable Rencontre, Admiration, et..., nous repartons après une heure et demi, avec un présent , offert à chacun , pour nous remercier de nous intéresser à ce qu'ils font...

Merci

vendredi, 17 février 2012

Nuance

Nuance

par Françoise

A apporter à ce tableau monochrome : il y a des zones d'ombre, et cela pourrait donner du relief et du réalisme à l'ensemble .

Le petit soldat de base qui a vécu les 42 jours l'un après l'autre a dû puiser, pour aller au bout de l'expérience, dans ses réserves de patience, de tolérance, de résistance physique et morale, toucher ses limites … Il faut le dire, c'est dur ! Dur et riche, riche et dur : où arrêter le curseur ? Ai-je formé ? Inch' Allah ! Ai-je enseigné? un peu.. Ai-je appris ? Beaucoup : et il n'est pas si banal que cela de dire que c'est sur la nature humaine.....

FT

jeudi, 16 février 2012

Alphabétisation

Tableau numérique inter-actif

Et oui ! A Rosso, nous disposons d'un TNI. Comme vous pouvez le voir, il est très convivial et coloré.

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Pour l'utiliser, nous disposons d'un logiciel performant et dynamique : le bribri1.0 C'est une version d'évaluation. Notre logiciel supporte couramment le mp3 (on pourrait même dire qu'il chante) Il permet aussi de faire des zooms.

Il est d'une patience remarquable et reprend sans arrêt les erreurs sans se fâcher. L'autre jour, il est brusquement devenu multi-tâche. Il a continué son activité normale, mais sa webcam s'est longuement intéressée à un jeune Mauritanien, hurlant, tenu à quatre mains pendant que Cheikh refaisait ses pansements après une circoncision.

Il supporte mal cependant les intrusions dans son champ d'action et particulièrement les bédouins qui lui prennent sa chaise ! Son rythme s’accélère alors ; l'horloge interne n'a plus assez de méga-hertz, les haut-parleurs sont saturés, Windows© lance son message habituel « bribri1.0 ne répond plus », puis « erreur fatale en F74F74» (On a beau dire, Windows© est très perspicace : il a tout de suite remarqué que bribri1.0 a été développé en Haute-Savoie et que, étant donné le niveau d'adressage, l'ordinateur est un modèle récent de 1990)

Droit de réponse

et oui....Bribri 1.0 a ses coups de bambous...La patience, la persévérance, la gentillesse, le sourire s'effacent en un clic de souris, mais avec la touche «espace», ça repart pour un nouveau scénario chanté, récité ou tout simplement parlé... Windows n'est pas toujours compatible avec les logiciels libres ! Bribri1.0

mardi, 14 février 2012

Le billet de Cheikh

LA MISSION DU GREF

Le centre de ressource de Rosso reçoit pour la troisième année consécutive les partenaires du GREF.

ILS sont venus former des formateurs en informatique et en langue française. C’est ainsi que 36 personnes ont été formées en informatique et 20 en langue française durant cette période.. Vu l’intérêt accordé à ses formations par la population de la commune de Rosso, ET malgré nos moyens très limités nous continuons, grâce à l’appui du GREF, à mener ces actions, des actions positives..

Ce partenariat continue, malgré les difficultés rencontrées par le GREF, à être maintenu. NOUS les en remercions et saluons leur détermination à accompagner le réseau à travers l’ONG OMST/ SIDA. Ces missionnaires par leur sérieux et leurs compétences, prouvant tout le long de leur séjour, leur efficacité à mettre sur pied des actions pérennes pour l’avenir des populations de Rosso.

IL SAGIT DE : Paul, Gérard, Michel, Martine, Brigitte et Françoise lesquels resteront à jamais gravés dans la mémoire des populations de Rosso.

NB Cheikh est le principal responsable de l'association OMST_SIDA

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